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promenades photographiques

La Ronde de Novembre 2014 , "Feuille(s)"

Publié le 13 Novembre 2014 par Cécile Ruban

La ronde, un échange de blogs à blogs autour d'un thème commun à tous.

Une 9ème édition de saison puisque le thème choisi est "feuille(s)".

J'ai le plaisir d'accueillir Franck (quotiriens).

Merci à Elise (même si) de me faire une petite place dans son blog!

La ronde continue de virevolter ainsi: Gilbert (le blog graphique) chez Dominique A (la distance au personnage) chez Hélène (loin de la route sûre) , Danielle (mine de rien) , Céline(mes esquisses) , Jean-Pierre ( voir et le dire mais comment?) , Dominique B (Jacques Louvain) , Guy(Emmaux et gemmes des mots que j'aime) , Philippe ( hublots ) chez Franck….

Tu vois, je n’ai pas oublié…

Ce mercredi d’octobre, le ciel est bleu, le fond de l’air frais, les gens grouillent en tous sens entre les chantiers. Je lève le nez vers l’aiguille vertigineuse.

La Ronde de Novembre 2014 , "Feuille(s)"

L’effervescence du lieu est incroyable. Des chalumeaux grésillent des étincelles géantes sur la structure en forme d’aile gigantesque posée entre les gratte-ciel. Le périmètre est fermé à la circulation automobile. Un ballet de grues sur nos têtes, sous les pieds des trépidations sourdes. En contournant la Freedom Tower alias the Needle, dont le nom officiel est One World Trade Center, orpheline de 126 mètres plus haute que les twin towers et qui demain sera ouverte pour la première fois, vous montez vers le terre-plein arboré et les mémoriaux. Les périmètres correspondant à l’emplacement des tours jumelles sont devenus deux immenses trous dans lesquels se déverse une pluie continue de jets d’eau qui s’écrase sur un premier niveau puis se déverse dans un second trou central dont on ne voit ni les parois ni le fond. La circonférence de chaque puit est ceinturée par une bande d’acier noir dans laquelle sont découpées les lettres des noms des victimes de 9/11. Il faut attendre la nuit et l’éclairage des puits de larmes pour ressentir la profondeur de la plaie.

Le vertige inversé n’est plus ascensionnel.

La Ronde de Novembre 2014 , "Feuille(s)"
La Ronde de Novembre 2014 , "Feuille(s)"

Treize ans déjà, quand cet endroit n’était plus que poutrelles tordues, poussiére et chaos. L’inimaginable venait de se produire. En quelques heures, le monde et son histoire avaient changés. Sans nous en rendre compte alors, vous, moi, serions marqués pour toujours.

Il a fallu ce mercredi d’octobre pour que je réalise à quel point.

Le mardi 11 septembre 2001, le ciel était aussi bleu, l’air moins frais et les gens plus insouciants quand le premier Boeing 767 d’American Airlines qui avait décollé de l’aéroport de Boston à 7h59 vint percuter la tour nord du World Trade Center à 8h46.

A 9h03, un second Boeing 767 d’United Airlines, lui aussi parti de l’aéroport de Boston à 8h14, percuta la tour sud du WTC.

La Ronde de Novembre 2014 , "Feuille(s)"

A 9h58, la tour sud s’effondrait, suivie à 10h28 par la tour nord, emportant près de 3000 victimes de 93 nationalités différentes, pulvérisées avec 600.000 tonnes de béton et d’acier, en moins de 2 heures.

Ces images, si terriblement familières qu’elles en perdent leur sens, hantent le sous-sol dans lequel s’ancraient les tours jumelles, qui abrite maintenant le National September 11 Memorial and Museum. Dans ce labyrinthe de mémoire, les salles et les scènes se succèdent, où chaque aspect de cette tragédie est disséqué pour en extraire l’inexplicable. Films tournant en boucle, enregistrements vocaux des victimes au moment des incidents, reconstitutions, analyses, déductions, constats, conséquences, tout y est. Dans le moindre détail. Sans emphase. Une pluie de chiffres déferle, hypnotique paravent à l’horreur.

Parmi les images, avant celle de la chute des corps (environ deux cents personnes piégées se jetteront du haut des tours), il y a celle, prémonitoire, des milliers de feuilles blanches échappées des bureaux aux vitres pulvérisées, brassées par les courants d’air et la fumée, qui virevoltèrent pendant quelques temps autour des gratte-ciel en une nuée d’éphémères fuyant l’enfer. La délicate envolée silencieuse de futiles secrets.

La Ronde de Novembre 2014 , "Feuille(s)"

Sous les décombres des tours jumelles gît l’insouciance d’une humanité bénie.

En remontant du musée, le regard scrute le ciel et s’étonne d’y voir autant d’avions qui le transpercent. Ce n’est plus le même regard, ce ne le sera jamais plus.

 

 

 

La Ronde de Novembre 2014 , "Feuille(s)"
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DAutrou 16/11/2014 10:37

De ce souvenir, comme le phénomène physique du trou noir.

louise blau 16/11/2014 08:35

Cette année-là, cet été-là, cette semaine-là, ce jour-là... Les tirets semblent gravés dans le marbre comme le souvenir dans la mémoire. On s'en souvient, je m'en souviens presque jour par jour, heure par heure, en tout cas pour cette semaine là. Collée sur la rétine reste l'image indélébile des feuilles blanches qui tourbillonnent avant l'heure d'hiver, et des silhouettes noires qui se tiennent par la main semblant voler comme des oiseaux. C'était un mardi (je viens de vérifier, ma mémoire ne m'a pas trompée). La semaine fut longue, et après ne fut plus jamais comme avant.

Celine Gouel V 15/11/2014 22:03

Gravité

Elise 15/11/2014 14:12

de l'irréversible, une innocence perdue